La volaille farcie représente l’un des défis les plus nobles de la cuisine française. Cette technique, transmise de génération en génération dans les grandes maisons, transforme un simple blanc de volaille en véritable œuvre d’art culinaire. Aujourd’hui, je vous dévoile une version allégée qui conserve toute la sophistication des tables gastronomiques.
Ce qui fascine dans cette préparation, c’est sa capacité à allier raffinement et légèreté. Contrairement aux farces traditionnelles souvent riches en matières grasses, cette recette mise sur la fraîcheur des herbes et la délicatesse des champignons. Le résultat ? Un plat qui surprend par sa finesse tout en restant parfaitement accessible.
Les professionnels de la haute gastronomie ont su réinventer cette classique en privilégiant des techniques de cuisson douces et des associations de saveurs subtiles. C’est cette approche moderne que nous allons explorer ensemble.
Les secrets de cette recette
Le choix de la volaille constitue le premier secret de réussite. Optez pour des suprêmes de volaille fermière, plus fermes et savoureux. La chair doit être rosée et légèrement nacrée, signe d’une qualité irréprochable. Cette base solide garantit déjà la moitié du succès de votre plat.
La technique de l’incision latérale demande précision et délicatesse. Il s’agit de créer une poche dans l’épaisseur du suprême sans percer la chair. Les chefs utilisent un couteau à désosser bien aiguisé, en travaillant par petits mouvements réguliers. Cette étape cruciale détermine la tenue de la farce pendant la cuisson.
La clé réside dans la patience : mieux vaut prendre son temps pour créer une poche parfaite plutôt que de précipiter le geste et risquer de déchirer la chair.
La farce elle-même repose sur un équilibre savant entre textures et saveurs. Les champignons de Paris, finement hachés et revenus sans matière grasse, apportent l’umami nécessaire. Les herbes fraîches – persil, ciboulette et estragon – dynamisent l’ensemble sans l’alourdir.
Ingrédients nécessaires

Pour 4 personnes, vous aurez besoin de :
- 4 suprêmes de volaille fermière (environ 180g chacun)
- 200g de champignons de Paris
- 1 échalote
- 2 cuillères à soupe de persil plat ciselé
- 1 cuillère à soupe de ciboulette ciselée
- 1 cuillère à café d’estragon frais
- 50g de ricotta allégée
- 1 blanc d’œuf
- 50ml de bouillon de volaille
- 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
- Sel et poivre blanc du moulin
- Quelques brins de thym frais
Étapes de préparation
Préparation de la farce : Commencez par nettoyer et hacher finement les champignons. Dans une poêle antiadhésive, faites-les revenir à sec jusqu’à évaporation complète de leur eau de végétation. Ajoutez l’échalote ciselée et poursuivez la cuisson 2 minutes. Laissez refroidir complètement.
Montage de la farce : Dans un saladier, mélangez les champignons refroidis, la ricotta, les herbes ciselées et le blanc d’œuf légèrement battu. Assaisonnez avec parcimonie – la farce doit rester délicate.
Préparation des suprêmes : Pratiquez une incision latérale dans chaque suprême sur les trois quarts de l’épaisseur. Ouvrez délicatement en portefeuille et assaisonnez l’intérieur. Répartissez la farce équitablement, puis refermez en maintenant avec des cure-dents si nécessaire.
Cuisson : Préchauffez le four à 180°C. Dans une poêle allant au four, dorez les suprêmes 2 minutes de chaque côté dans l’huile d’olive. Ajoutez le thym et le bouillon, puis enfournez pour 12 à 15 minutes selon l’épaisseur.
Finition : Laissez reposer les suprêmes 5 minutes avant de les trancher. Récupérez le jus de cuisson pour napper délicatement les assiettes.
Les astuces du chef
La température de cuisson constitue un élément déterminant. Un four trop chaud risque de dessécher la chair avant que la farce ne soit cuite. Les professionnels recommandent une cuisson douce et progressive, qui préserve le moelleux de la volaille tout en développant les arômes.
L’utilisation d’un thermomètre de cuisson peut s’avérer précieuse pour les novices. La température à cœur doit atteindre 65°C exactement. Au-delà, la chair devient filandreuse ; en deçà, la sécurité alimentaire n’est pas garantie.
Le secret d’une volaille parfaitement cuite réside dans l’observation : la chair doit être ferme sous le doigt mais conserver sa souplesse naturelle.
Pour une présentation digne des grandes tables, tranchez les suprêmes en biais avec un couteau bien aiguisé. Cette technique révèle la belle spirale de la farce et facilite la dégustation. Essuyez la lame entre chaque tranche pour obtenir des coupes nettes.
Accords et suggestions
Cette volaille farcie s’épanouit particulièrement accompagnée de légumes de saison simplement rôtis. Des petits légumes printaniers – carottes nouvelles, navets boule d’or, petits oignons – subliment la délicatesse du plat sans le concurrencer.
Côté féculents, privilégiez la légèreté avec un risotto aux herbes ou une purée de topinambours. Ces accompagnements créent un écrin parfait pour mettre en valeur les saveurs subtiles de la farce. Un filet d’huile d’olive aux herbes peut apporter la touche finale idéale.
Pour les amateurs de vin, un blanc sec de la Loire ou un rouge léger de Bourgogne accompagneront merveilleusement cette préparation raffinée.
Cette recette illustre parfaitement l’évolution de la cuisine française vers plus de légèreté sans sacrifier le goût. Elle prouve qu’il est possible de créer des plats sophistiqués en respectant les principes d’une alimentation équilibrée. Le plaisir gustatif reste intact, enrichi d’une dimension santé appréciable.
La vraie sophistication culinaire ne réside pas dans la complexité, mais dans la justesse des associations et la maîtrise des cuissons.





